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Guide · 2026-11-02 · 3 min

Toxicovigilance en France et rôle des centres antipoison

La toxicovigilance surveille les effets toxiques des expositions humaines. L’Anses publie les rapports, les avis et le bulletin Vigil’Anses.

En France, la toxicovigilance surveille les effets toxiques, aigus ou chroniques, des expositions humaines à des substances, mélanges ou articles. Elle s’appuie sur le réseau des centres antipoison, et l’Anses en assure la mission afin de détecter les risques et de contribuer à l’alerte et à la prévention. Elle se distingue de l’addictovigilance, une autre vigilance sanitaire, centrée sur l’abus, l’usage détourné et la pharmacodépendance.

Ce que surveille la toxicovigilance

La toxicovigilance ne se limite pas aux produits chimiques industriels. Elle porte aussi sur des substances naturelles, et sur des produits du marché ou présents dans l’environnement. Les produits d’entretien, les peintures et les champignons figurent parmi les exemples de l’Anses.

L’évaluation d’un signalement peut conduire à une alerte et à des mesures de prévention, afin de mieux protéger les travailleurs et les consommateurs. L’alerte n’est pas automatique.

Le rôle des centres antipoison et du SICAP

Les centres antipoison assurent une téléconsultation, une expertise toxicologique et une aide médicale urgente en cas d’exposition humaine. La réponse téléphonique est ouverte à tout demandeur, 24 h/24 et 7 j/7. Les dispositifs ultramarins n’assurent pas eux-mêmes cette permanence. Les centres signalent à l’Anses les cas d’exposition ou d’intoxication qui méritent une attention immédiate, parce qu’ils sont inhabituels, graves ou potentiellement graves. La présentation du dispositif détaille ce circuit.

Des études portent sur des sujets particuliers, à la demande d’un des cinq ministères de tutelle ou à l’initiative de l’Anses. Certaines intoxications récurrentes font l’objet d’une surveillance systématique des données des centres antipoison.

Chaque téléconsultation est enregistrée dans le système d’information des centres antipoison (SICAP), sous forme de dossier médical. Ce dossier comprend l’évaluation de l’imputabilité, c’est-à-dire l’estimation de la force du lien de cause à effet entre l’exposition et les effets observés sur la santé, ainsi que l’agent en cause, le contexte d’exposition et, lorsqu’un suivi est nécessaire, les suites médicales. Le SICAP n’est pas une base publique de dossiers patients.

Les données du SICAP sont utiles à la toxicovigilance et à d’autres vigilances sanitaires réglementées, dont la pharmacovigilance et l’addictovigilance. Un appel sur un médicament ne suffit donc pas à désigner la vigilance compétente, comme l’indique l’Anses.

Toxicovigilance, addictovigilance et cosmétovigilance

Mais l’addictovigilance ne suit pas le même risque. L’ANSM la définit comme la surveillance, l’évaluation, la prévention et la gestion du risque d’abus, d’usage détourné et de pharmacodépendance lié à la consommation, médicamenteuse ou non, de substances psychoactives. L’alcool et le tabac sont exclus. Pour une déclaration d’addictovigilance, adressez-vous au réseau des centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance-addictovigilance (CEIP-A), que l’ANSM pilote.

Un même appel peut alimenter plusieurs vigilances, selon la page du dispositif. Ne déduisez pas le dispositif compétent du seul produit cité au téléphone.

La cosmétovigilance surveille les effets indésirables liés aux cosmétiques. C’est un dispositif distinct assuré par l’Anses. Les missions correspondantes ont été transférées de l’ANSM à l’Anses le 1er janvier 2024.

Où consulter les rapports et signaler un cas

Pour une veille professionnelle, partez de la page toxicovigilance de l’Anses. Les travaux y paraissent sous forme de rapports d’étude, d’avis et d’articles en français et en anglais dans le bulletin Vigil’Anses. La page donne aussi accès à des bilans d’intoxications et au rapport d’activité 2025. Choisissez le document qui correspond au produit ou à l’exposition étudiés. Un article de prévention n’est pas une interdiction.

Les particuliers, professionnels de santé et autres professionnels peuvent déclarer un événement sanitaire indésirable. Le signalement est transféré automatiquement au centre antipoison régionalement compétent, indique la page de l’Anses. Cette possibilité ne signifie pas que tous les déclarants ont les mêmes obligations.

RegAffairs AI propose une réponse sur la toxicovigilance en France et sa différence avec l’addictovigilance.

Le formulaire de signalement n’est pas un service d’urgence. En cas d’urgence, l’Anses oriente vers le 15 ou le 112, et vers le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes. Dans les autres cas, elle conseille d’appeler un centre antipoison ou de consulter un médecin, selon ses consignes.

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